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Budget 2026: la surtaxe sur les grandes entreprises prolongée
Instaurée en 2025 comme mesure temporaire de redressement des finances publiques, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait être prolongée dans le cadre du Budget 2026. Le gouvernement a en effet recouru ce mardi au 49-3 pour faire adopter la partie recettes du projet de loi de finances (avoir l’objectif de valider l’ensemble du Budget 2026 d’ici au 3 février). Le dispositif cible les groupes dont le chiffre d’affaires dépasse un milliard d’euros, principalement les grandes entreprises françaises et les filiales de groupes internationaux implantées en France. Le taux de la contribution exceptionnelle mis en place l’an dernier est de:
• 20,6 % pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de moins de trois milliards d’euros,
• 41,2% pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de trois milliards d’euros.
Il vise à mettre à contribution les grandes entreprises réalisant des bénéfices, dans un contexte d’austérité budgétaire pour contenir la dette publique. Selon le ministre de l’Économie Roland Lescure, la surtaxe a rapporté «un peu moins de 8 milliards d’euros» en 2025 et devrait générer «un peu au-delà de 7,3 milliards d’euros» en 2026, contre les 4 milliards d’euros attendus dans la version initiale du budget gouvernemental.
Les secteurs les plus exposés restent l’énergie, le luxe, la pharmacie et les télécoms, avec en première ligne des entreprises cotées comme TotalEnergies, LVMH, Sanofi, Orange ou encore BNP Paribas. À court terme, l’impact se traduit par une pression sur le niveau de distribution de dividendes.
Trump menace de surtaxes douanières: les exportateurs dans le viseur
À cette pression fiscale s’ajoute un risque commercial venu des États-Unis. Donald Trump a brandi ce mardi la menace de surtaxes douanières pouvant atteindre en moyenne 10% sur les importations européennes, et jusqu’à 200% pour certains produits emblématiques comme les vins et champagnes français. Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte déjà connu des marchés: depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, l’administration Trump a multiplié les hausses de droits de douane, notamment sur l’acier et l’aluminium (+25% de droits de douane en mars 2025 portés à + 50% en juin 2025 sur certaines exportations) ou certains produits agricoles. Le dossier du Groenland, sur fond de rivalités géopolitiques et de ressources stratégiques, ravive aujourd’hui les tensions transatlantiques.
Côté Bourse, une vague de rouge a déferlé sur les marchés financiers en début de semaine. En France, le CAC 40 n’a pas échappé à la déconvenue, reculant lundi 19 janvier de 1,78% puis de 0,61% mardi. L’indice phare de la place parisienne est pénalisé par les valeurs exportatrices sensibles aux flux transatlantiques comme dans le luxe et les spiritueux (LVMH, Rémy Cointreau, Hermès, Kering, Laurent-Perrier, L’Oréal), l’automobile (Stellantis), l’aéronautique (Airbus, Safran, Dassault Aviation). Puis les tensions se sont apaisées mercredi: lors du Forum de Davos Donald Trump a exclu , le recours à la force dans le dossier du Groenland et a laissé entendre qu’un cadre d’accord était en préparation.
Marchés et portefeuille: garder la tête froide
Globalement, les réactions sont restées mesurées. A Wall Street comme à Paris, les Bourses terminent même la semaine sur des notes positives. Les investisseurs ont en effet appris à interpréter les annonces du président américain comme des messages d’intimidation initiale, souvent suivis de négociations ou d’ajustements.
Pour les particuliers détenant des actions françaises ou européennes, le principal enseignement est de garder la tête froide. Face aux déclarations de dirigeants à fort impact médiatique, la prudence et l’analyse du contexte restent essentielles. Les surtaxes, qu’elles soient fiscales ou douanières, ne touchent pas toutes les entreprises de la même manière. Il convient d’analyser les fondamentaux de chaque valeur: diversification géographique des revenus, capacité à répercuter les hausses de coûts, solidité des marges et visibilité sur les résultats et capacité à absorber les chocs sans remettre en cause leur trajectoire de long terme.
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